Dionysos

Le mythe et le culte. 1933


" La grandeur de l’esprit dionysiaque survit dans la tragédie. [...] Il nous faut poser pour finir la question fondamentale : quelle est la signification du fait que la tragédie a pris son essor universel dans le culte de Dionysos ?

Ce que nous avons coutume de nommer le tragique n’est pas particulier à la tragédie. Sa matière, le mythe héroïque, est lui-même tragique. Cependant, dans sa re-création à travers l’immédiateté de la représentation, le tragique se détache et ressort avec une telle puissance d’émotion qu’il peut à bon droit passer pour sa caractéristique. C’est dans cette immédiateté dramatique, par laquelle la vie du mythe, après être apparue dans l’épos et le chant choral a été élevée à une grandiose renaissance, que l’esprit dionysiaque et le prodige de son feu se sont fait reconnaître. Dans cette excitation ne parle ni la souffrance ni la nostalgie de l’âme humaine, mais bien la vérité du monde. Dionysos, le phénomène originel de la dualité, du lointain corporellement présent, de la commotionnante rencontre avec l’irrévocable, de la fraternisation de la vie avec la mort.
Cette dualité a son symbole dans le masque. [...]
La démence l’a effleuré [le porteur de masque], parcelle du mystère d’un dieu en délire, de l’esprit de l’être-double, qui vit dans le masque, et dont l’acteur de théâtre est le dernier rejeton. "

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