Dithyrambes pour Dionysos

Poèmes 1858-1888


Nietzsche n’a composé qu’un seul recueil de poèmes : les Dionysos-Dithyramben, Dithyrambes pour Dionysos, le dieu personnel du philosophe-poète. Cet ultime recueil était achevé, prêt à l’impression, fin 1889, mais ne parut que deux ans plus tard, car le philosophe était passé entre temps hors du monde...
Il y a chez Nietzsche comme chez Platon une profonde et persistante rivalité entre le philosophe et le poète. Platon, rapporte La naissance de la tragédie, "commence par brûler ses poèmes afin de pouvoir devenir le disciple de Socrate". Et pourtant, il se trouva forcé de créer, pour rivaliser avec la poésie et surtout avec la tragédie, en guise de position de repli, une forme d’art nouvelle mais "intimement apparentée" : le dialogue. "Le dialogue platonicien fut comme la fragile embarquation sur laquelle l’ancienne poésie naufragée s’était réfugiée avec tous ses enfants..." la forme du dialogue, les personnages, la mise en scène, les mythes ou les allégories sont autant de traits artistiques qui plongent encore dans le dionysisme primordial. Preuve pour Nietzsche que l’art soutient, anime en secret, toute révélation de l’ordre du logos. La logique est toujours étayée par, ou plutôt enracinée dans, ou encore intimement mêlée à l’esthétique, sous la forme du rythme et des sonorités des mots : plus la pensée se fait abstraite, plus la langue, penset-il, doit s’efforcer de se faire imagée et mélodieuse, séduisante, comme si les sens devaient être convaincus les premiers. Alors que Platon se sert subreptissement de la séduction artistique, Nietzsche la sollicite comme cette dimension où toute démonstration s’efface devant une affirmation qui se passe de preuves, ou dont la seule preuve est l’énonciation poétique...

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